La lune se lève à peine,
En vain je m'enfonce dans ce sommeil perpétuel.
Profondeurs ténébreuses de la nuit,
Eternelles confidences de mon être à mon coeur,
Qui se meurt petit à petit, s'oubli vers l'infini.
Comme surgit du néant, je l'aperçois pourtant,
Ce spectre de lumiére s'élevant du crépuscule,
Caressant les pierres rugueuses de ma pensée,
A jamais pourchassée comme un animal blessé.
Tendre espoir bravant courageusement le chant maléfique du vent,
Qui siffle sa souffrance à travers les branches.
Je me souviens encore vaguement de la splendeur incarnée de l'automne,
Détrônant les ronces de la forêt qui me laceraient le visage,
Déjà ensanglanté par la vie et ses obscures présages.
Un rayon de soleil trouble le calme rassurant de l'eau,
Voilà l'aube qui s'efface, laissant place au jour, à l'espérance qui revient,
Et mon âme qui fuit la lumiére, puis disparaît tel la rosée déposée sur les champs de blé.
Et la vie poursuit inlassablement son interminable chemin.